Editorial

Novembre

 

La résistance est dans l'assiette (et le verre)

Un gros coup de manque d'inspiration bloquait mon éditorial mensuel. Et puis sont survenus les attentats. Sidération d'abord. Peine ensuite. Et aujourd'hui enthousiasme pour ce pays et ses habitants qui se tiennent debout dans le deuil. Un enthousiasme dont je ne me savais plus capable, tant, depuis une décennie, je voyais la France s'abîmer dans le marasme. Mais oui ce pays est grand. Oui il est généreux. Comment pourrait-il être autrement lorsque l'on considère les richesses de ses terroirs, le savoir-faire de ses paysans, de ses artisans. Notre assiette est le reflet d'une culture deux fois millénaire qui fait voisiner la poule au pot et la pizza, la blanquette et le couscous, le jambon beurre avec le kebab et les baklavas. 

Face à nous qui sont-ils? Des pisse-vinaigre ignorant du bonheur d'un morceau de brie sur une tranche de pain de campagne, qui ne boivent - enfin, ils le disent - que de l'eau pour faire glisser la mauvaise bouffe avec laquelle ils ont été élevés, qui nient et interdisent les plaisirs de la table comme ils nient et interdisent les autres, puisqu'à part celui de faire souffrir ils n'en connaissent pas; ils savent fabriquer des bombes mais ils seraient incapables de composer le subtil hachis d'un parmentier.

Entre eux et nous, certains ont parlé d'une guerre de civilisations. C'est stupide. Il faudrait pour cela que deux s'affrontent. Aucune civilisation ne s'est construite et a perduré dans la négation des plaisirs à commencer par celui des papilles. 

On peut affronter ces gens par les armes, avec toutes les victimes innocentes que cela implique. Mais on les vaincra en résistant à leur terreur imbécile avec les valeurs de nos libertés, de notre art de vivre. Alors pour leur faire le bras d'honneur qu'ils méritent, sortons, allons au bistrot, au restaurant, brandissons le pâté de campagne et la baguette, entonnons la brandade marseillaise et le chant du galabar et que nos canons soient de Saint Amour et de Cornas.

 

Octobre

 

La cantine scolaire ne peut être que végétarienne

Apprendre à manger à leurs enfants est du ressort des parents. Mais, comme pour le reste, l'école à un rôle à jouer dans cet enseignement en permettant aux enfants de s'ouvrir sur d'autres mets, d'autres goûts, d'autres cultures. La cantine doit rester un moment de découverte, une sorte de zone neutre fermée aux débats qui affectent - infectent - notre système éducatif. Voila pourquoi la cantine doit être laïque. Laïque au sens du dictionnaire Larousse édition 1968 que je me fais un plaisir de citer: "Conception et organisation de la société fondée sur la séparation de l'Église et de l'État et qui exclut les Églises de l'exercice de tout pouvoir politique ou administratif, et, en particulier, de l'organisation de l'enseignement". 

Pour en finir avec les tentatives de récupérations politiques et confessionnelles, la cantine exclusivement végétarienne est le seul choix possible. Puisque la consommation de viandes est, pour certains, un fait religieux, elle doit être réservée au cercle familial. Cela aurait de multiples avantages, à commencer par la santé des enfants, car il est acquis depuis longtemps que la nourriture carnée n'est en rien indispensable au développement physique. Et pour les gestionnaires de cantines, quel soulagement! Enfin, et ce n'est pas accessoire, un régime végétarien permettrait de faire une plus grande place aux productions locales. 

Reste maintenant à en convaincre les parents adeptes du steak-frite quotidien. Et ce sera sans doute aussi difficile que de tordre le bras aux lobbies religieux et à celui des éleveurs…

 

Septembre

 

Des éleveurs téléguidés par la FNSEA

La colère paysanne présente deux visages. D'une part, les actions spontanées contre la grande distribution et les transformateurs qui sont l'expression d'un ras le bol à l'encontre de systèmes qui profitent de la faiblesse des coûts et du désordre de l'agriculture européenne. D'autre part, les manifestations programmées, encadrées, téléguidées par la FNSEA pour aller réclamer plus d'aides auprès d'un gouvernement qui n'est en rien responsable de cette crise. Le seul reproche – de taille – que l'on peut adresser au ministre de l'agro-industrie c'est de n'ouvrir aucune nouvelle piste de développement à l'agriculture française. Dans ce dernier cas, cette agitation n'a qu'un but : redonner des couleurs à la FNSEA et surtout à son président Xavier Beulin.

La très conservatrice fédération a nommé à sa tête un oligarque céréalier, patron du plus important groupe industriel de biodiesel en France, élu cumulard à divers fonction économiques et sociales de la Région Centre. Proche de la droite, il a appuyé un texte européen proposé au Sénat sur la protection des obtentions végétales. Ce texte oblige les agriculteurs, s'ils veulent ressemer leur propre récolte, à verser une rémunération aux semenciers internationaux qui ont pour nom Mosanto, DuPont ainsi que la coopérative française Limagrain dont la société SOFIPROTEOL, dirigée par M. Beulin, détient des participations. On est loin de l'image du paysan vivant de sa terre.

Un tel CV a tourné la tête des éleveurs qui ont cru voir en lui l'exemple industriel à suivre et se retrouvent aujourd'hui dans la plus complète panade. Mais le pouvoir de celui que Périco Légasse a justement surnommé « le fossoyeur de l'agriculture française »* a aujourd'hui du plomb dans l'aile. Contesté par sa base, qui voit de plus d' agriculteurs se tourner vers une agriculture raisonnée vivant en circuits courts, il lui fallait un coup d'éclat. Dès lors, quoi de plus facile que d'aller faire le siège du gouvernement à grand renfort de tracteurs et d'interviews et réclamer encore des aides, toujours des aides, qui ne serviront à rien, sinon à prolonger une agonie débutée il y a 30 ans.

M. Beulin joue sur du velours. Il sait que le courage politique n'étant pas le fort de nos gouvernants, il obtiendra des rallonges, des rogatons d'aides, des fonds de tiroir de subventions exhumés à l'approche des élections régionales. Et il pourra crier victoire. Mais de retour en Bretagne, devant ses porcs qui ne se vendent plus, son lait inutile, l'agriculteur breton ou normand partagera-t'il ce même sentiment ?

* Marianne, 22 avril 2014

 

Aoüt

 

Libérez les paysans!

 

Je suis toujours inquiet devant les déclarations théoriques sur l'agriculture, surtout de la part de gens qui font à peine la différence entre un platane et un cerisier. La crise de l'élevage que tout observateur un peu attentif avait prédit, hormis les têtes d'oeuf du ministère concerné, remet encore une fois le malaise paysan sous les projecteurs. Cette crise, profonde, n'est pas née d'hier. Mais hier l'explique. Au sortir de la guerre, dans une France ravagée, détruite il fallait nourrir, et vite, une population qui sortait de cinq années de privations. D'où les plans d'encouragement à l'agriculture intensive. La mesure se justifiait jusqu'au début des années 1970, pour répondre à la croissance démographique. Mais plus les années passaient, plus l'agriculture intensive dévoilait son côté pile: mauvaise qualité des productions, ruine des terres cultivées, pollutions de l'air, de l'eau, assèchement des rivières et des nappes phréatiques, maladies professionnelles provoquées par l'abus de produits phytosanitaires. Le coup de barre dans l'autre sens c'est l'agriculture bio, ou raisonnée. Dans les régions traditionnellement peu concernées par le modèle intensif, en gros, le Massif Central, les Alpes, les Pyrénées et la Corse, cette agriculture pratiquée peu ou prou depuis des siècles retrouva une nouvelle jeunesse. Mais aujourd'hui, elle aussi se trouve à la croisée des chemins. Car l'agriculture bio, produite par une famille sur quelques hectares et dans le cadre d'un circuit court c'est tout à fait possible, et dans certaines régions, elle est même l'unique solution. Mais lorsqu'il faut nourrir des millions de gens ses limites sont vite atteintes.

On commence à rencontrer des paysans « ex bio » qui reviennent à des méthodes de production plus intensives simplement pour répondre à la demande. Car voilà bien la finalité et la noblesse du métier de paysan: nourrir les autres et en vivre. Et le seul à savoir quoi et comment produire c'est lui, le paysan, pas des idéologues ni des financiers et encore moins les bataillons de fonctionnaires européens. Les paysans veulent vivre de leur travail, comme tout le monde et cela commence par être libres de pratiquer leur métier comme ils l'entendent. 

 

Juillet

 

Amendement à la loi Evin: les viticulteurs en ont assez de trinquer

 

Depuis un quart de siècle la loi dite Evin, du nom de son brillant concepteur, oblige les producteurs d'alcools, mais également les journaliste spécialisés, les offices du tourisme, les organisateurs de spectacles à des contorsions sémantiques pour promouvoir les boissons alcoolisés et leurs terroirs sans en parler tout en parlant. Un amendement à la loi Macron a enfin mit un terme à ces hypocrisies obligées. Cet amendement dissocie la publicité à caractère commercial d'un acte médiatique voulant promouvoir un patrimoine. Le monde agricole dans son ensemble a salué cette avancée, car tous les terroirs sont concernés, même ceux qui produisent des eaux de vie ou du cidre. Grâce à cet amendement, le travail des viticulteurs va pouvoir être reconnu au-delà de leur production agricole, c'est un savoir-faire, un patrimoine qui va retrouver une fierté, une légitimité; désormais les vignerons ne seront plus considérés au même niveau que les marchands d'alcools et de saloperies alcoolisées qui envoient chaque week end des milliers de jeunes à l'hôpital quand ce n'est pas à la morgue. Cet amendement crée un appel d'air à l'oenoutourisme, dont la France, en toute logique, devrait tenir la première place mondiale. On peut également souhaiter une TVA à deux vitesses, qui taxera fortement les alcools sans terroirs nationaux, whisky, gin, vodka et favorisera ceux issus du travail de la terre d'ici. Chauvinisme? Non! Patriotisme économique.

Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, l'entrée des climats de Bourgogne et du territoire viticole du champagne au patrimoine mondial de l'UNESCO vient à point nommé pour conforter l'amendement à la loi Macron et pointer du doigt toute l'absurdité de la loi Evin.

 

 

Juin 

 

Plaidoyer pour le métier d'éleveur

 

Les éleveurs sont inquiets. Ils le sont pour des raisons différentes et conjoncturelles de prix du marché ou d'aides européennes, mais une menace beaucoup plus grave, parce qu'insidieuse, pèse sur leur avenir: la raréfaction des terres agricoles consacrées à l'élevage qui touche en particulier les éleveurs ovins et bovins. On assiste depuis une dizaine d'années à une lente mais permanent disparition des terres agricoles, ce qui leur premier outil de travail, résultat d'un engrenage mortifère dans la course à la productivité. Pour faire simple, les éleveurs se voient contraints, s'ils veulent vivre honnêtement de leur travail, à posséder toujours plus de bêtes donc toujours plus de terres. Or les terres agricoles sont objet de spéculation de la part des investisseurs financiers qui n'ont que faire des vaches charolaises et des brebis lacaune. Ce qu'ils guignent, eux, c'est uniquement la superficie, la plus grande possible, pour y faire pousser dans le meilleur des cas des céréales ou pire, des zones pavillonaires, des panneaux solaires, comme dans la Drôme et les Hautes-Alpes et des douglas comme dans le Morvan. Leur puissance financière permet d'acheter les terres convoitées à peu près à n'importe quel prix, provoquant une situation inflationniste qui empêche les jeunes éleveurs de reprendre les installations. C'est l'éternel combat du loup et de la chèvre de Monsieur Seguin qui perdure.

L'élevage français est donc à un carrefour de son existence, confronté à deux orientations fondamentalement opposées: un élevage extensif, moins dépensier en eau, en vitamines, en terres pour des cheptels moins importants et la vente via des circuits de distribution courts, soit il persévère dans l'intensif, encoragés par la grande distribution qui sait, que de toute les façons, elle sera gagnante. Ceux qui s'engagent dans cette voie prennent le risque d'affronter les organismes financiers. On connaît déjà la fin de la triste histoire. La chèvre est toujours mangée.

 

Mai

Agro-industrie: la double peine pour les consommateurs

Après les fabricants de yaourts, l'Autorité de la Concurrence va sanctionner une trentaine d'entreprises de volailles qui ont organisé une entente sur les prix entre 2000 et 2007. Que le ministre de l'agroindustrie se rassure, l'amende qui pourrait être de 10% du chiffre d'affaire ne sera sans doute pas prononcée. Ces volaillers, et parmi eux, les plus importants, LDC, (Loué, Le Gaulois…), Gastronome, Duc, Doux… ainsi que quatre associations professionnelle dont la Fédération interprofessionnelle de l'aviculture (FIA) sont accusés de s'être entendus sur les prix de vente à la grande distribution. S'il n'y a plus de concurrence, le marché est truqué, non seulement pour la grande distribution, mais surtout en bout de chaîne pour le consommateur. On peut prendre en considération les arguments des industriels: suite à une baisse des ventes de 30%, certaines entreprises fragilisées devenaient des proies faciles pour les acheteurs de la grande distribution. Certes. On peut quand même objecter que si ces entreprises n'avaient pas opté pour la voie facile de la production peu qualitative du poulet en batterie, elles ne se seraient sans doute pas trouvées dans une situation aussi catastrophique. Mais rapellons-nous ces visites ministérielles à grand renfort de medias complaisants sur les lieux de production menacés, les manif, les négociations qui ont abouti à ce que l'Etat, encore une fois, mette la main à la poche pour sauver des poulets boiteux que leur futures condamnations va finir d'achever.

Si l'on fait l'addition, les consommateurs auront donc été floués une première fois en tant que clients privés de choix sur les prix, et en tant que contribuables puisque leurs impôts auront servi à renflouer provisoirement des entreprises vouées, de toutes manières, à la disparition et, pire encore, à payer les amendes des petits arrangements entre copains. Sans même parler des situations de chômage que vont entraîner les possibles fermetures. Si l'on était cyniques, on verrait dans cette affaire une sorte de justice: l'Etat reprend par la loi ce qu'il a maladroitement donné par sa politique.

Avril

 Agriculteurs bio, changez votre logiciel de pensée!

Au début du mois de mars, le gouvernement a annoncé une diminution des aides à la production des agriculteurs bio de l'ordre de 25%. « Incompréhensible », « injuste », les réactions des professionnels et de l'ensemble de la filière ne se sont pas faites attendre. Et il est vrai que cette nouvelle décision du ministère de M. Le Foll à de quoi étonner alors que la France est en passe de rattraper son retard dans la culture bio, que les consommateurs n'ont jamais autant réclamé de produits issus de cette filière, face au désastre écologique de l'agriculture intensive. Mais dans la mesure où M. Le Foll, comme ses prédécesseurs, est avant tout le ministre de l'agro-industrie, position confirmée par celle du Premier ministre au congrès de la FNSEA, elle ne surprendra pas. Par contre, le moment choisi, à quelques semaines d'élections locales à de quoi faire douter du sens politique de ce ministre... Mais ceci est une autre histoire.

Il n'empêche que la réactions des agriculteurs concernés par cette baisse des aides est paradoxale. Eux qui veulent produire « autrement », qui ont pris conscience de leurs responsabilités face à l'environnement et face aux citoyens, doivent aussi changer leur logiciel de pensée. Pourquoi se conduire comme un de ces vulgaires céréaliers ou éleveurs de porcs en batterie dont la subvention est le premier moteur, pour ne pas dire le premier bénéfice? Pourquoi se confondre avec ceux-là en adoptant ces statures d'éternels mendiants pleurnicheurs? Au contraire, les paysans bio gagneraient encore plus de respect de la part de consommateurs déjà conquis par leurs productions en disant bien haut qu'ils ont eu le courage, eux, d'essayer de vivre de leur travail et rien que de leur travail, comme tout salarié ou chef d'entreprise. Quelle claque ils auraient renvoyé au ministre en lui retournant les maigres subsides que celui-ci leur a accordé! Quelle démonstration de vitalité et d'indépendance ils auraient montré! Car, ne nous y trompons pas, ces subventions sont d'abord des signes d'asservissement à un système. Système qui a fait son temps. Alors, autre temps, autres moeurs? Chiche?

 

 

Mars

 Rien ne vaut un bon scandale

Presque 700 000 visiteurs. Si le chiffre de visiteurs du Salon de l'Agriculture est loin des records des années 1990, il n'en demeure pas moins très haut et démontre que l'agriculture reste un domaine qui passionne les Français. On peut supposer qu'une grande majorité de ces visiteurs venaient de la région parisienne, ou des centres urbains proches. Nombre d'entre eux ont craqué pour un petit « souvenir », un assortiment de roquefort, un foie gras au piment d'Espelette, jus de cerise ou miel de lavande qu'ils dégusteront en se souvenant de ces heures d'émerveillement devant les taureaux de concours et les cochons si mignons.

Oui mais. Sur ces 700 000, combien vont désormais s'interroger sur ce qu'ils mangent? Sur l'origine de ce qu'il y a dans leur assiette? Depuis que le Salon existe, des dizaines de millions de Français ont franchi ses portes et ont découvert les richesses d'un terroir magnifique, divers et complexe. Ils ont pu vérifier par eux-même qu'entre les yaourts faits sur place et les machins blanchâtres de l'agro-industrie il y avait un monde, qu'un pain, un vrai, travaillé et cuit dans les règles avec de la bonne farine ce n'était pas cette espèce de tube sous cellophane vendu à la superette du coin. Depuis le temps, ces millions devraient avoir compris qu'il y a « agriculture » et « agriculture ». Si l'on s'en tient aux chiffres, le message commence à passer. Les Français se détournent de la bouffe de la grande distribution, reviennent aux marchés des petits producteurs, pratiquent les circuits courts, préfèrent le bio.

Mais que c'est long! Car pour quelques mamans qui repartent de la porte de la Villette le cabas plein de bonnes choses et la tête de bonnes décisions, combien vont continuer d'engraisser leurs gosses à la malbouffe? A croire que pour les convaincre une fois pour toutes de se détourner de l'agriculture intensive, rien ne vaut un bon scandale. Celui des plats cuisinés à la viande cheval et du saumon gavé de produits chimiques ont durablement entamé la confiance des consommateurs. Le doute est installé et profite aux vrais paysans. La sélection naturelle va se faire d'elle-même.

 

Février

 Pesticide et anxiolytiques

Le plan Ecophyto du gouvernement Fillon, présenté par M. Borloo avec tambours et trompettes, visant à réduire les pesticides dans l'agriculture a totalement échoué. Pire, entre 2009 et 2013, l'utilisation des pesticides a augmenté en moyenne de 5%. Exit donc Ecophyto 1, voilà le deuxième du nom présenté, toujours avec tambours et trompettes, par l'actuel ministre de l'agroindustrie M. Le Foll. Les objectifs sont exactement les mêmes que les précédents: réduire l'utilisation des pesticides de 50%. Le discours a, néanmoins, un peu varié. Comme ses prédécessuers, M. Le Foll se prosterne devant la FNSEA et les lobbies de l'agro-alimentaire vent debout contre tout ce qui ne va pas dans le sens de l'agriculture intensive, mais il a laissé planer une menace dans son discours de présentation: "Si on ne fait rien, le jour où il y aura un problème, il faudra introduire des normes draconiennes d’un coup. Tout ce que les syndicats n’aiment pas". C'est dit, et M. Le Foll a désigné indirectement qui bloquait ces plans. Maintenant, il va falloir agir, et Ecophyto 2 va tenter de ne pas refaire les erreurs de son prédécesseur en sensibilisant les premiers intéressés, les agriculteurs eux-mêmes. Cela passe par la multiplication des exploitations DEPHY qui expérimentent des techniques sobres en pesticides. Un dispositif expérimental de certificats d’économie de produits phytosanitaires (CEPP) sera aussi mis en place. Les distributeurs auront l’obligation de baisser de 20 % le nombre de doses utilisées, en cas de non-respect de ce quota, une sanction économique sera appliquée. Ce plan ajoute une mesure contraignante, mais on regrette son silence concernant les insecticides les plus dangereux ainsi que l'absence de mesures de promotion du bio. Ne pas fâcher la FNSEA reste le dénominateur commun d'Ecophyto 1 comme de d'Ecophyto 2. Et pourtant, notre pays est soumis est soumis à un véritable bombardement chimique. Des résidus de pesticides ont été détectés dans 93% des cours d’eau, la qualité de l’air se dégrade, à tel enseigne que dans les régions de grande culture l'air est plus toxique que dans les grandes agglomérations! Sans parler de la disparition programmée des abeilles. La France est ainsi devenue le 1 er consommateur de pesticides en Europe. Comme elle est le 1 er consommateurs d'anti-dépresseurs. N'y aurait-il pas, directement ou indirectement, un lien entre les deux podiums?

 

 Janvier

 En 2015, je n'aiderai pas la Banque alimentaire

Ma résolution peut choquer. Ne plus donner à un organisme dont l'action est transparente et pour le moins utile, puisque la pauvreté ne cesse de croître dans notre pays, n'est pourtant pas la démonstration d'un soudain manque d'empathie et d'humanité. Non, c'est la méthode que je ne veux plus, que je ne peux plus cautionner. Acheter des aliments dans une grande surface pour les offrir ensuite à la Banque alimentaire, c'est fournir un lance-flammes à un incendiaire. Qui est responsable de la montée des prix des produits alimentaires? Qui est responsable de la dégradation de la qualité de ces produits? Qui est responsable de la crise du monde agricole, de la spéculation sur les matières premières, en Europe comme en Afrique et en Amérique du Sud, sinon la grande distribution et ses complices de l'agro-industrie et de la finance internationale. Alors non, je ne participerai plus, à mon modeste niveau, à cette collecte hypocrite qui, pour combattre la misère, l'alimente.

 

Voilà ma résolution 2015. Au contraire, je vais soutenir ceux qui récupèrent dans les poubelles de ces mêmes grandes surfaces des kilos de nourriture gaspillée pour cause de mauvais emballage ou de date de vente dépassée. La destination de cette rapine m'importe peu, je peux supposer qu'elle ira vraiment à ceux qui en ont besoin, des étudiants, des travailleurs pauvres. Et la Banque alimentaire serait bienvenue de réviser sa position, car, de façon indirecte, et, j'ose espérer, involontaire, elle fournit à la grande distribution la caution morale dont celle-ci a bien besoin.

 

Décembre

 Comme un cadeau de Nöel

Emmanuel Giboulot, le viticulteur bio de Côte-d'Orcondamné en avril à une amende pour avoir refusé de traiter ses vignes contre la maladie de la flavescence dorée, a finalement été relaxé par la cour d'appel de Dijon. A quelques jours de Noël, la nouvelle a le parfum d'un cadeau pour des centaines de viticulteurs conscients des dangers des pesticides, qui veulent montrer que faire du vin, et accessoirement du bon vin, c'est d'abord faire du vin sain.

 Au delà d'une décision judiciaire qui condamne indirectement des pratiques d'un autre temps, c'est la victoire de la mobilisation citoyenne, de la prise de conscience générale que l'on ne peut plus continuer sur la voie tracée par l'agro-industrie, soutenue par la FNSEA et défendue par les ministres de l'Agriculture successifs. C'est aussi la remise en cause de normes absurdes, qui ne tiennent pas compte de la réalité du terrain, que seules les paysans sont aptes à juger. Pour mémoire, M. Giboulot était poursuivi pour n'avoir pas utilisé de pesticide contre la flavescence dorée à titre « préventif »...

 Ce jugement c'est aussi, enfin, la démonstration que face à la légalité et à la puissance de la loi dans toute sa rigueur et sa rigidité, le citoyen peut opposer avec succès la légitimité, une notion à rapprocher de la démocratie participative, et qu'un Tribunal peut en tenir compte. Le jugement ne fera pas jurisprudence pour des raisons juridiques, mais en tout état de cause, il a donné un sacré souffle d'espoir à ceux qui se battent pour que nous cessions de nous empoissonner en mangeant. Juste avant les fêtes, ça vaut le coup de déboucher une bonne bouteille et de l'apprécier sans modération.

Novembre

Rémi Fraisse, victime collatérale de l'absence de démocratie locale

La mort d'un gosse de 21 ans qui venait militer pour ses idées devant le chantier de Sivens dans le Tarn, est insoutenable. Au delà de l'émotion qui fait parfois office de réflexion, ce dossier tragiquement d'actualité est un modèle du genre de ces politiques, et de ces politiciens, qui nous gouvernent encore.

A l'origine, il y a 21 ans, un projet de retenue destiné à fournir aux céréaliers riverains un apport en eau qu'ils jugeaient indispensable. Elle concerne une trentaine d'exploitations moyennes, mises bout à bout, quelques centaines d'hectares de maïs. Le projet est bien évidemment soutenu par la FDSEA du coin pour qui tout développement de l'agro-industrie est pain béni. Il est voté avec une belle unanimité par le conseil général (PS), justement composé des mêmes adhérents ou proches de la FDSEA: un coin du département du Tarn vient d'être annexé au profit d'une poignée d'exploitants agricoles. On est là dans l'expression d'un système du type soviétique du meilleur tonneau. De plus, les experts ont démontré que la SEM avait surdimensioné le projet qui, en 2014, ne correspondait plus aux besoins réels.

Lorsque les associations citoyennes et les défenseurs de l'environnement viendront manifester à la fois contre cette annexion et contre l'absence de dialogue, tout va dégénérer. Les élus battent en retraite. Le projet est « repoussé », sans doute d'au moins une année, puisqu'en 2015 il y a aura des élections cantonales et que le PS n'a pas du tout envie de perdre un des rares départements qu'il pourrait sauver juste pour faire plaisir à la FDSEA. Comble de l'hypocrisie, les élus locaux refilent la patate chaude à l'Etat. Ce sont sans doute les mêmes qui bêlent pour « plus de décentralisation » au nom de la « démocratie locale ». Lorsqu'on voit ce qu'ils en font, de la démocratie locale, on ne peut qu'approuver le gouvernement dans sa volonté de balayer ces Picrochole d'un autre âge.

En attendant ce jour, un gosse est mort. Ne l'oublions jamais.

 

Octobre

 Quel ministre pour quelle agriculture?

Les circuits courts, cette relation directe entre producteurs et consommateurs sans intermédiaires inutiles, qualifiés un temps de mouvement bobo, anachronique et superficiel, montre chaque jour qu'il s'enracine dans nos habitudes et devient une alternative crédible en ces temps de rigueur sur les finances des ménages.

Le mouvement vient de franchir un nouveau pas en Aveyron, et celui-là est colossal. Cinq membres du Ministère de l'Agriculture et de l'Environnement turc ont fait le déplacement et, durant une semaine, ont rencontré les producteurs, pas seulement des agriculteurs, des artisans également, pour mesurer, sur le terrain, les mérites de ce système inconnu chez eux. Convaincue, la délégation est repartie en affirmant sa volonté de le développer en Turquie. Pour les producteurs et artisans rencontrés, cette conclusion a été saluée comme un coup de chapeau au travail accompli.

Après un juste moment d'auto-satisfaction, cette visite met en évidence l'absence totale de reconnaissance des circuits courts de la part des autorités françaises, et en particulier du ministère de l'Agriculture.

Nos bons ministres de la production intensive se rendent volontiers, larme à l'oeil et chéquier ouvert, au chevet des industries agro-alimentaires malades de leur absence de vision à long terme et d'imagination. Ils viennent se frotter aux vaches, le temps d'un concours agricole, sous les objectifs des cameras. Mais où sont-ils lorsqu'il faut encourager un système de production intelligent et en plein développement? La réponse est évidente. Alors, si, par le plus grand des hasards, ce billet tombait entre leurs mains, juste un chiffre (je sais qu'ils les aiment): 58 % des producteurs ayant opté pour la vente en circuits courts ont vu leur chiffre d'affaire augmenter au cours de ces trois dernières années. Quels autres paysans peuvent se vanter d'un tel résultat? 

 

Septembre

 Grande distribution: ça remue!

 On le reniflait, désormais c'est certain, la grande distribution est en panne. Après la déconfiture des low costs, le dernier avatar des géants du nouvel opium du peuple est la fusion des centrales d'achat Super U et Auchan pour réduire encore les coûts. Car les Français boudent leurs rayons. Une enquête SOFRES, réalisée pour les professionnels de l'industrie agro-alimentaire, montre que les adeptes des supermarchés vont encore réduire leurs achats. Et comme il faut bien manger, on peut supposer que, s'ils les réduisent dans la grande distribution, ils les augmentent ailleurs. L'enquête SOFRES montre de nouvelles habitudes de consommation qui ne peuvent que me réjouir: 43% des Français produisent eux-mêmes les fruits, les légumes ou la viande qu'ils consommeront! Un foyer sur trois produit au moins une partie de ses aliments, la cuisine « faite maison » reprend, elle aussi, du poil de la casserole. Au cours des douze derniers mois, près de 25% des Français ont acheté directement leurs produits aux agriculteurs, aux magasins collaboratifs, ou via des Amap.

Voilà autant de signaux qui passent au vert, mais il ne faut pourtant pas se réjouir trop vite. Les mouvements dans la grande distribution annoncent des offensives majeures sur les prix, d'autant que l'embargo vers la Russie va ramener dans les rayons tout un tas de jolis produits bourrés de graisses, d'eau, de pesticides à prix cassés. Quant à leurs fournisseurs, ils n'ont pas fini de souffrir. Mais si l'on veut rester optimiste, je citerai Frank, « paysan boucher », comme il se définit lui-même. Il est présent sur une demi-douzaine de marchés du Languedoc-Roussillon et fournit une AMAP. Depuis 6 mois, il a vu bondir son chiffre d'affaire comme jamais. C'est n'est peut-être qu'une hirondelle, mais, en cette fin d'été, elle fait mon printemps.

 Août

 Fruits et légumes: La défiance n'en est qu'à ses débuts

Les producteurs de fruits et légumes s'accordent à dire que cette saison est exceptionnelle, tant sur le plan de la qualité que de la qualité, cela est dû à une alternance de pluies et de chaleur. Pourtant, d'après les organisations agricoles, les ventes sont inférieures de 10% à l'an dernier. La situation laisse les professionnels dans l'incompréhension et, comme d'habitude, ils se tournent vers les pouvoirs publics. Et comme d'habitude, ceux-ci s'empressent de désigner l'ennemi commun, l'Espagne, accusée de brader les prix – ce qui est vrai, puisqu'ils emploient un salariat sous-payé – et de promettre des campagnes d'information aussi coûteuses qu'inutiles et des aides, évidemment, puisque c'est la solution immédiate quand on n'a pas d'idées. Les productions low cost de l'Espagne ne sont pas les seules responsables; tout ce bruit et cette agitation cachent la volonté de remise en cause de notre système de vente et de production.

A force de pressurer les exploitants agricoles, de tirer les prix vers le bas, les acheteurs de la grande distribution les ont poussés à produire des fruits et légumes de mauvaises qualité, plein d'eau, cueillis avant maturation puis conservés dans des chambres froides. Petit-à-petit, les consommateurs se sont détournés de ces produits sans goût, sans âme, qui plus est, bourrés de pesticides. L'idée de qualité a fait son chemin. Sur les marchés, auprès des AMAP, chez les petits détaillants, les consommateurs ont retrouvé le goût de la tomate et du poivron élevés avec de l'eau, de la terre, du soleil et la sueur du paysan. Il s'amorce un retour évident vers une aspiration à la qualité, au principe de manger moins et manger mieux, éviter la gaspillage, vers plus de nature dans l'assiette. La réponse de la grande distribution on la connaît déjà: encore plus de pression sur les producteurs, encore plus d'appels aux marchés étrangers où les salaires sont dérisoires, et au final encore plus de mauvais légumes dans leurs rayons.

Face à ces millions de gens qui se baladent entre les étals des marchés, qui vont chercher leurs paniers chez le producteur, qui retrouvent des goûts oubliés, les industriels de la bouffe s'inquiètent, conscients de leur impuissance, car c'est le système, à sa base, qui est remis en cause. Et ce n'est qu'un début.  

 

Juillet 2014

Vacances, on en profite pour se ressourcer les papilles

Que l'on s'en aille au bout de la Terre ou que l'on reste chez soi, les vacances sont faites pour se retrouver, avec soi et avec les autres, pour vivre autrement. Alors on abandonne la route des grandes surfaces pour s'en aller au hasard des allées des marchés du terroir, et, comme cela tombe bien, des marchés il y en a plein, de plus en plus même, car les petits producteurs savent que c'est le moment où jamais de faire (re)découvrir aux malheureux piégés toute l'année dans les supermarchés ce qu'est vraiment le goût des choses. Mais alors il faut accepter les carottes boursouflées aux formes aléatoires, les abricots déjà goûtés par les merles, des courgettes aux formes évocatrices et vaguement porno, des fruits de mer au profond goût d'iode et de noisette, des petits chèvre qui fleurent bon la marguerite et le foin. Profitons de ces semaines vaguement vides pour se désaccoutumer de la grande surface, de sa musique épileptique, du ronron des pubs pousse - à consommer pour faire un pas de côté, quitter la grande route qu'on nous a tracé pour les petits chemins que l'on s'est choisis.

Pas une province, pas un village, qui ne propose ses fruits à lui, ses fromages aux noms de leurs terroirs, ses crûs miraculeusement réchappés du laminoir du marketing, ses recettes confidentielles que l'on vous passe parce que vous avez une bonne tête. Goûtons, essayons, car si nous, les Français, ne nous intéressons pas à notre patrimoine, qui le fera pour nous? Cette terre est la nôtre, il est temps de se la réapproprier pour mieux la faire partager; nous l'avons trop longtemps laissée en jachère et les vautours en ont profité.

Juin 2014

 

Crevette thaïlandaise ou porc breton, l'esclavagiste c'est le consommateur

Le « Guardian », suite à une enquête dont on aimerait que notre presse nationale s'inspire, a révélé que des grandes chaines de distribution européennes achetaient des crevettes à une société thaïlandaise pratiquant l'esclavage. C'est la conséquence tragique du toujours moins exigé par des consommateurs décérébrés.

Du porc breton en promotion à 1,50 € le kg en rayon. Des crevettes thaïlandaises au goût du sang. Entre les deux, 12 000 kilomètres mais la même voracité des distributeurs: répondre à l'impératif du toujours moins cher imposé par des consommateurs. Pas n'importe quels consommateurs. Des pauvres gens, des gens qui ne réfléchissent pas avant d'acheter, hypnotisés par le prix annoncé à grands renforts de publicité. Car s'ils réfléchissaient, si la grande distribution ne leur avait pas passé le cerveau à la javel comme un vulgaire poulet du Kansas, ils se rendraient bien compte, j'ose l'espérer, qu'un kilo de viande vendu 1,50 € ne peut pas avoir été payé plus d'un euro au producteur. Pensez vous qu'un producteur puisse faire tourner son entreprise et se donner un salaire ce prix? La réponse est évidemment non. Alors il s'endette auprès d'autres rapaces qui l'attendent au tournant du guichet, qui savent très bien qu'il est sur une pente qui le conduira rapidement à la liquidation. Et dans nombre de cas, de la liquidation de l'entreprise au suicide de l'entrepreneur il n'y a qu'une échéance.

Il serait temps que les consommateurs deviennent un peu adultes, qu'ils réalisent que derrière les petits prix – et pas seulement dans le domaine alimentaire – il y a de la souffrance et du sang. On va me répondre que le consommateur, en bout de chaîne, doit lui aussi faire face à l'augmentation de la vie que son salaire ne suit pas. C'est vrai. C'est justement pourquoi il faut abandonner la grande distribution. C'est prouvé, je peux le démontrer à qui me le demande, si l'on mesure tous les paramètres, dont celui de la santé, à qualité égale, un kilo de viande d'un supermarché coûte forcément plus cher que celui acheté au boucher du coin. Et je ne considère même pas le paramètres non pondérable de l'éthique... Il semble que le mouvement est amorcé. Après les Espagnols de Dia, c'est un autre discounter belge, Delhaize, qui lui aussi va fermer des magasins avec le même constat: à force de baisser les prix on ne peut que s'enfoncer. Juste retour des choses. Continuons de creuser la tombe des vendeurs de malheurs en arrêtant de pousser leur porte.

 

 

Mai 2014

Trop de bio tue le bio

En Allemagne, de plus en plus de producteurs bio reviennent à l'agriculture conventionnelle. Cause de ce retour? La faible rentabilité dûe à la concurrence de la grande distribution et des importations.Et pourtant, les consommateurs allemands ont été précurseurs. Depuis le milieu des années 80 – le nuage de Tchernobyl y a sa part – ils se sont tournés vers une agriculture plus respectueuse de l'environnement et des consommateurs. Les Français ont suivi, avec lenteur, parce que la protection de l'environnement et des agriculteurs n'est pas dans les gênes de la FNSEA ni des groupes agro-industriels, parce que les tenants du bio, chez nous, étaient rassemblés sous la bannière gauchisante de la Confédération Agricole et de José Bové. Pourtant la sauce à pris, encore accélérée par le scandale Spanghero, et désormais, même s'il ne représente qu'une part mineures de l'agriculture (5%), c'est une part en constante progression qui bénéficie d'une côte de popularité bien enracinée, j'en veux pour preuve que les requins de la grande distribution ouvrent des rayons « bio ».

L'exemple allemand devrait servir aux agriculteurs comme aux consommateurs. Trop de bio a tué le bio outre Rhin. Parce qu'il s'est banalisé, qu'il est entré directement en concurrence avec l'agriculture conventionnelle sans pouvoir rivaliser avec ses prix de production. De son côté, l'agriculture conventionnelle a fait des progrès en se disant consciente de l'impact des pesticides sur la santé; pour le moment ce n'est qu'une prise de conscience, on verra ce qu'il en serades faits. Mais ce qui a fait très mal aux producteurs bio allemands c'est l'arrivée sur leur marché de produits bio importés.

 Voilà pourquoi, avant même de réclamer une salade ou un poulet bio, commençons par donner la priorité aux producteurs locaux, ceux dont on est certains que la salade n'a pas fait 400 kilomètres dans un camion-frigo avant d'être livrée sur le marché. Et je vais plus loin: aujourd'hui, j'en arrive à préférer un produit non bio local – ce qui ne veut pas dire bourré d'insecticides pour autant – à un « bio » éloigné. Consommons d'abord local. Le bio, ça sera la cerise sur le gâteau.

Avril 2014

 Boucher, c'est l'avenir

Voilà au moins une augmentation qui me fait sourire: 15%. C'est celle des jeunes qui se tournent en 2014 vers le métier de boucher par la voie des CFA. Une tendance lourde, qui s'affirme depuis quelques années et qui repose sur une réalité: aujourd'hui, 4000 postes de bouchers sont en pourvoir, dans la grande distribution comme chez les artisans. Avant de se poser des questions sur le pourquoi du comment commençons par nous réjouir. Voilà, potentiellement, 4000 jeunes (et moins jeunes, car la boucherie attire aussi les reconversions) qui vont échapper à l'ubuesque « service » PôleEmploi. Ce sont donc 4000 emplois, plutôt bien payés, qui peuvent à leur tour créer de l'emploi, si ces courageux veulent monter leur entreprise.

Mais pourquoi ce choix d'un métier difficile, physique et astreignant? La profession n'y répond pas, mais on peut avancer quelques hypothèses. D'abord, un choix de raison. Parce que c'est un métier en tension que la crise épargne. C'est une bonne raison, je ne sais pas si elle fait de bons bouchers. Le choix par défaut? Pourquoi pas. Parce que les métiers dits « intellectuels » enseignés à la fac dans les filières communication ou sociologie sont le plus court chemin vers le chômage. Ce non choix signerait l'échec d'une politique qui prônait le diplôme d'étude supérieure comme remède au chômage. Nous assistons à l'éclosion de la première génération de jeunes décomplexés qui préfèrent un emploi réel à l'ombre d'une possibilité d'un autre, peut-être plus glorieux, plus socialement confortable, mais qui n'existe plus que dans les statistiques ministérielles.Enfin, et j'espère que cette troisième catégorie sera la plus fournie, le choix par... choix. Parce que nourrir les autres c'est noble, qu'on peut le faire honnêtement, et qu'au train où va notre démographie, c'est une branche d'avenir.  

 

Mars 2014

 Quand l'exception se banalise, c'est la fin de l'exception

 Inquiétude sur le Roquefort des marques de la multinationale laitière Lactalis: les ventes s'effritent régulièrement depuis quatre ans et les prévisions ne sont pas bonnes. En cause: la banalisation du produit dans les grandes surfaces.

 Le coupable de la baisse des ventes de roquefort est tout désigné: la grande distribution, qui met au même niveau des produits sans aucune comparaison. Voilà pour le constat. Mais comment en est-on arrivé là? Deux facteurs jouent. La crise de la consommation, bien sûr, et en priorité. Le fromage est un produit cher, une donnée que l'on tend à oublier dans notre pays où il fait partie de notre ADN. L'autre paramètre, que les dirigeants de Lactalis se gardent bien de mettre en avant, c'est la concurrence et l'auto concurrence. La concurrence de sous-produits, des pâtes bleues et persillées qui n'ont aucun rapport avec le lent processus de maturation du roquefort AOC, ni avec son exceptionnelle qualité laitière et gustative, mais qui peut séduire un consommateur peu avisé ou simplement moins argenté. Bleus des Causses, bleus d'Auvergne ou fourme d'Ambert (fabriqués au lait de vaches) sont d'excellents fromages mais ne sont en rien comparables au roquefort au lait de brebis maturé dans les caves aveyronnaises, ils approchent le roi des fromages, ils lui ressemblent, leur zone de production est proche... et quand il compare les prix, le consommateur n'hésite plus.

Un autre danger menace. Les éleveurs australiens ont trouver un débouché aux millions de brebis qui pour le moment sont seulement élevées pour leur viande. Les fermes laitières se multiplient où ils fabriquent déjà un fromage a pâte persillée à l'aspect très proche du roquefort. A l'aspect seulement. Mais sachant qu'à Melbourne le kilo de roquefort AOC est vendu près de 100 euros, il y a de forte chance que Mme. Smith y regarde de plus près. Et quand on connaît la capacité de production laitière de l'Australie et de la Nouvelle Zélande, c'est tout le marché Pacifique et asiatique qui s'ouvre au roquefort low cost, au détriment du vrai.

Lactalis s'est tiré une balle dans le pied. Par ricochet, elle pourrait blesser mortellement des centaines d'éleveurs de brebis.

Février 2014

Du vin et de son avenir

« Le Figaro » qui n'en manque pas une pour brandir à tout propos le drapeau de la patrie en danger (surtout quand le PS est aux manettes) s'alarmait de la probabilité que la Chine devienne dans les 5 ans le premier producteur de vin mondial. Sacré remarque! Lorsqu'on envisage un pays qui cultive la vigne traditionnellement depuis deux millénaires, grand comme 17 fois la France, le résultat semble découler de la simple logique des chiffres, d'autant que les Chinois se prennent de passion pour les vins et le vignoble français.

Toute cette introduction pour dire qu'il est temps que nos viticultures bardés de leurs certitudes, encadrés – pour ne pas dire embrigadés – par les instances agricoles et le syndicat dominant du lobby agro-industriel, s'interrogent sur leur production, leur métier et son avenir.

Aujourd'hui, n'importe quel pays bénéficiant d'un climat et d'un sol adéquat est capable de produire un vin de bonne, voire de très bonne qualité, largement supérieur à certaines drouilles estampillées du Midi ou du Sud-Ouest... Et l'on atteint là les limites des AOC censées protéger la production française: à force de les multiplier, le consommateur ne s'y retrouve plus. Il va donc se tourner, c'est la tendance actuelle, vers des vins moins « étiquetés », mais élaborés suivant les méthodes biodynamiques respectueuses de la nature, de la vigne et en définitive des amateurs. L'ennui, c'est que les viticulteurs français ont déjà un temps de retard. Le virage des vins naturels a été pris par les pays « émergeants » comme l'Australie ou le Chili qui proposent d'excellents produits, fabriqués selon les méthodes traditionnelles - bien souvent sous la direction de techniciens français -, à des prix très largement inférieurs à ce qui se fait ici. Alors, on continue comme ça ou on réfléchit un peu... avant que les vignerons Chinois s'éveillent.

Janvier 2014

Méfiez vous des conseils de l'Etat

« Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour … pratiquez une activité physique régulière... évitez de manger trop gras,trop sucré, trop salé... évitez de grignoter entre les repas », florilège des slogans qui accompagnent les campagnes publicitaires de l'industrie agro-alimentaire.

Depuis 13 ans, à travers le Programme  National Nutrition et Santé (PNSS) l'Etat se préoccupe de notre assiette. Cela part d'un bon sentiment, mais c'est en pure perte, car il n'y a jamais eu autant d'obèses dans notre pays. Prévu jusqu'en 2015, le PNSS aura coûté 305 millions. Il était censé prévenir les risques de santé - l'obésité en est un parmi d'autres - liées à la malbouffe et aux mauvaises habitudes de consommation. Mais les chiffres sont têtus : pour mesurer l'impact de ce programme il suffit d'y poser en regard la courbe de l'obésité: de 2000 à 2012, le nombre d'obèse à augmenté très régulièrement jusqu'à atteindre 15% de la population de notre pays. Celle de l'hypertension et du diabète on suivie une hausse symétrique. On m'objectera que sans le PNSS ce nombre aurait été plus grand. Rien ne le prouve, d'ailleurs, suite aux évaluations réalisées en 2010, l'Inspection générale des affaires sociales reconnait que le programme n'a pas atteint son but.

Ces 305 millions n'auraient-ils pas été mieux utilisés en baissant fortement la TVA sur les fruits, les légumes et les produits peu caloriques? Ou en campagnes de préventions vers les prescripteurs (gérants de restaurations collectives), ou encore en créant des cours de cuisine et de diététique pour les ménages les plus à risque?

Devant l'échec du PNSS, je suggère un slogan pour 2014: "Que l'Etat regarde dans son assiette. On se charge de la nôtre."

 

 

Décembre 2013

Une réforme fiscale pour mieux se nourrir

Manger des fruits et des légumes frais, de saison, c'est meilleur pour la santé. C'est une évidence. Mais de plus en plus de ménages y renoncent parce que les fruits et les légumes, le lait, les oeufs, la viande, le pain même, atteignent des prix qui les découragent. Faire son marché devient un luxe même en privilégiant les circuits courts et les ventes directes du producteur au consommateur. L'envol des prix s'explique par quelques bonnes et beaucoup de mauvaises raisons. Que les conditions climatiques jouent sur le prix des tomates ou des fraises on peut le comprendre, que les spéculations de la finance mondiale sur les céréales influent sur le prix du pain est tout simplement du vol, d'autant que le blé ne représente que 5% du prix d'une baguette. Mais passons.

Le gouvernement qui cherche à relancer l'économie et à rétablir la justice fiscale devrait s'inspirer de ce qui a été fait en Irlande dans les années 80 lorsque le pays était encore considéré comme en voie de développement. Il a simplement joué sur les taux de TVA en abaissant fortement, voire en supprimant cette taxe injuste sur tous les produits de première nécessité. Aujourd'hui, les fruits et légumes et la plupart des denrées alimentaires sont taxés à 5,5%. Si demain ils ne l'étaient plus qu'à 1%, il est évident que nous retrouverions le chemin des marchés et des commerçants de proximité, ce qui provoquerait une véritable bouffée d'oxygène pour les familles les plus modestes et pour le commerce intérieur. Ce serait d'autant plus efficace que d'autres produits de première nécessité, dans les secteurs de l'hygiène et de l'habillement par exemple, pourraient être inscrits sur cette liste. Je ne suis pas un utopiste, si un gouvernement a pu le faire et aider ainsi ses citoyens à remonter la pente, pourquoi pas chez nous?

 

Novembre 2013

Ces manifestants perdus... mais pas pour tout le monde

On peut comprendre la colère du monde paysan qui secoue la Bretagne suite à l'annonce de la mise ne place de l'écotaxe sur les poids-lourds. Pour autant, elle ne s'adresse pas au bon interlocuteur et surtout, elle est totalement mal venue. Car si l'écotaxe avait existé en 2009, comme le gouvernement Fillon l'avait souhaité, elle aurait donné du travail aux entreprises de l'agroalimentaire bretonnes, l'abattoir GAD, par exemple, n'aurait pas été dans l'obligation de licencier une partie de son personnel. La raison en est toute simple. Les grands donneurs d'ordres de l'industrie agroalimentaire font travailler des abattoirs et des sous-traitants en Allemagne où le coût salarial horaire est presque deux fois moindre qu'en France. Non seulement ils payent les producteurs bretons une misère, mais pour gagner encore plus d'argent ils font travailler des sociétés étrangères situées à plus de mille kilomètres. Ce sont des pollueurs. Il est donc logique, juste et équitable qu'ils payent une écotaxe qui les auraient dissuadé de continuer d'affaiblir la Bretagne déjà malade de son agriculture intensive... voulue par ces même industriels.

En défendant un système absurde, ces éleveurs – ou soi-disant tels – qui affrontent les CRS sont la chair à canons des industriels tranquillement installés derrière leurs ordinateurs qui, pendant ce temps, jouent sur les marchés des denrées alimentaires sans le moindre scrupule. Plutôt que de manifester contre un Etat pas très malin mais au moins logique avec lui-même, qu'ils demandent des comptes à la FDSEA qui les a encouragés à s'endetter pour produire des aliments de mauvaise qualité que le consommateur délaisse de plus en plus; qu'ils demandent des comptes à ceux qui les acculent à la ruine en pratiquant le dumping des prix; qu'ils demandent des comptes à ces politiciens locaux qui ont laissé s'installer depuis des décennies cette situation aberrante. Mais qu'ils se méfient. Leur colère n'est pas perdue pour tout le monde, le FN en fait son lit. Comme de toutes les mauvaises causes.

Octobre 2013

Le vin, alcool comme un autre? Oui. Mais non.

Le gouvernement projette de taxer le vin au nom de la protection de la santé et de l'équité fiscale, puisque la bière et les alcools forts le sont déjà. Que de belles motivations pour faire passer la pilule mais pourquoi pas. Le vin contient de l'alcool, ce qui n'est pas bon pour la santé, des pesticides et moult produits phytosanitaires pas bons non plus. Mais je ne vois pas en quoi taxer le vin le rendrait meilleur. Il vaudrait mieux aider les vignerons à développer des produits de qualité, mais c'est un autre débat. Car conscients de la faiblesse de leur raisonnement, nos grands timoniers ont déclaré qu'il fallait taxer le vin au nom de l'équité puisque les autres alcools le sont. Ce qui revient à comparer les vignerons de Gevrey-Chambertin ou de Cornas aux producteurs de pommes de terre dont la distillation sert à fabriquer la vodka. Ce serait ramener une science, je pèse mes mots, et des techniques acquises au fil des siècles à de vulgaires recettes chimiques; ce serait nier l'apport des vignerons dans le modelé du paysage alors que, justement, l'UNESCO a déclaré patrimoine de l'humanité les vignobles et terroirs de Saint-Emilion.

Il ne s'agit pas de protéger les manifestations folkloriques et un peu ridicules, il faut le dire, autour du vin, ni de brandir « l'exception culturelle française » (que de conneries on protège en son nom!), mais bien de reconnaître que oui, le vin est un alcool, mais non, il ne peut pas être traité, du moins chez nous, comme un autre. Que nos élites ou soi-disant tels cherchent par tous les moyens à redresser les comptes du pays on ne peut qu'applaudir. Mais qu'ils taxent le vin pour de mauvaises raisons, on ne peut pas approuver. Le calcul est vite fait. La France, premier pays producteur mondial, a produit 42,9 millions d'hectolitres de vin en 2012. Si chaque litre était taxé d'un centime d'euro ça soulagerait bien le budget de l'Etat, et un centime c'est indolore pour le consommateur puisqu'en dernier recours c'est lui qui paierait la note. Alors oui à la taxe. Mais arrêtez de prendre les Français pour des crétins avec des arguties d'après boire.

 

Septembre 2013

Ecoliers, paysans, même combat!

C'est un titre un peu soixante-huitard, je le concède, ce doit être l'influence pernicieuse du Larzac voisin. Il n'empêche qu'il y a du vrai dans ce slogan. J'explique. Cette semaine je suis allé voir mon dealer d'abricots pour confiturer en prévision de l'hiver. « Désolé, j'ai plus grand chose, les écoles m'ont tout pris. » Les écoles de Millau s'adressent donc aux producteurs locaux pour alimenter leurs cantines. Sans être originale l'idée est excellente; imaginons qu'on la multiplie dans les 52 900 écoles communales du pays, le bénéfice serait énorme à bien des plans. Pour les enfants c'est l'assurance de manger de saison, sainement; une façon aussi de découvrir des produits que leur famille ne leur propose peut-être pas, cultivés et élevés à côté de chez eux; pour les producteurs ce serait l'occasion de capter des marchés importants, directement, avec la garantie d'être payés le juste prix. Pour le gestionnaire de cantine le bénéfice est peut-être moins évident sur le plan financier que de passer par un fournisseur qui achète par tonnes sur les marchés nationaux, mais compte tenu du renchérissement des prix de transport, la différence ne doit pas être très importante au final, avec les prix du producteur local. Pour la commune ce serait la démonstration de sa volonté politique de participer à l'économie locale. 

Les écoles qui pratiquent ce système depuis quelques années ne reviennent pas à l'ancien, mieux, nombre d'entre elles ont étendu l'action aux maisons de retraites et aux hôpitaux en impliquant leur cuisine centrale. Les chefs de cantine ont remarqué que les enfants s'intéressaient plus à ce qu'il y avait dans leur assiette; certaines écoles ont crée de véritables jumelages avec les producteurs, avec des visites de fermes, des dégustation à la récréation.

Si tous les clignotants sont au vert, pourquoi chaque école n'a t-elle pas encore « ses » producteurs locaux attitrés? Avant de soupçonner un éventuel lobbying de la part de la SODEXO et autres société de services – encore que... - je crois surtout que les maires manquent d'imagination. Alors profitons de cette période de rentrée scolaire pour leur suggérer de se rapprocher des producteurs locaux... sans perdre de vue que 2014 est une année d'élections municipales.

 

Aout 2013

Fruits et légumes: les prix flambent? Vous en êtes responsables

Selon l'Observatoire de Familles rurales, les prix des fruits et légumes ont flambé en juin et en juillet. Une inflation due à la météo printanière... mais pas seulement.

Pas de soleil, pas de chaleur, pas de fruits et légumes. Cette simple règle bien connue même des jardiniers amateurs explique la flambée des prix de juin et juillet, sans doute atténuée en août qui s'annonce beaucoup plus normal. C'est une explication, il y en a d'autres, conjoncturelles, à commencer par la concurrence des produits agricoles européens et la stupidité des consommateurs français. Stupidité. Je pèse mes mots. Petit exemple pris sur le vif. J'avais besoin de vinaigre blanc, on n'en trouve plus qu'au supermarché. Donc, direction sans enthousiasme vers la plus proche grande surface. Par curiosité je regarde le chariot de mes voisins de caisse. Et dans l'un je vois... des endives ! En plein mois d'août ! Je rappelle que la période de l'endive va de janvier à mars. Donc, les endives à la vente en août ont passé au au moins 6 mois en frigo! Et il fallait voir la tête des légumes, fripés, racorni, de quoi vous dégoutter de l'endive. C'est un exemple parmi 1000, comme celui de mon voisin qui, début juillet, cherchait des abricots (qu'il a trouvé en grande surface venant d'Espagne), alors qu'à 5 kilomètres de chez moi, dans la vallée du Tarn, on produit des fruits magnifiques de saison... encore fallait-il les attendre 3 semaines. Et ce n'était pas une envie de femme enceinte, mon voisin est retraité. Conséquence: les impatients – pour ne aps dire les inconscients - se retournent vers les produits importés qu'ils payent plus cher. Normal. Alors? Les prix flambent? Pas pour ceux qui ont la sagesse de les acheter en tenant compte des particularités climatiques.

Un autre facteur important et hélas non conjoncturel celui-là, est la disparition progressive des insectes butineurs. Quand on dit butinage, on a trop tendance à penser « abeilles ». Mais les abeilles ne sont qu'une sorte de butineurs, il y en a des centaines d'autres, les guêpes, les bourdons, les papillons, les mouches etc. Or ceux-là sont considérés souvent comme des nuisibles et détruits à grand coup d'insecticides. Mais sans eux – et sans soleil – plus de fruits et de légumes. Il faut tirer la sonnette d'alarme : en 20 ans, 50 % des papillons de France ont disparu tués par les insecticides.

La leçon de cet été est évidente et je ne cesse de la répéter à travers ce blog: mangeons de saison, protégeons la nature et vous verrez que vous retrouverez goût aux fruits et légumes et que votre portefeuille, lui aussi, s'en portera beaucoup mieux. 

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Phippe Ollivier

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Date de dernière mise à jour : 19/11/2015